EditoLSA : Vers l'autoconsommation

 

 

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Ce n’est plus un rêve. Plusieurs magasins s’approchent aujourd’hui de l’autoconsommation électrique, c’est-à-dire qu’ils produisent ce qu’ils consomment. On s’en réjouit pour notre environnement et pour leur compte d’exploitation puisqu’un point de vente dépense entre 150 à 800 kWh/m²/an, soit 30 % de son résultat net ! Sous l’égide de Périfem, l’association technique du commerce, les commerçants alimentaires se sont déjà engagés à fermer les vitrines des meubles de froid d’ici à 2020. Soit la consommation de la ville de Lyon économisée tous les ans ! Mais il faut être conscient que les magasins s’orientent aussi vers une offre réclamant de plus en plus d’électricité. La fabrication sur place (pâtisserie, boulangerie, traiteur…) ainsi que le confort d’achat, qu’il faut sans cesse améliorer, entraînent mécaniquement un besoin de « courant ».

Plus les points de vente se digitalisent (bornes, tablettes vendeurs , affichage dynamique…), plus ils sont dépendants de la « fée électricité ». Et comment ne pas parler des horaires ? Que les syndicats le veuillent ou non, le sens de l’histoire va vers plus de nocturnes et d’ouvertures dominicales. Quant à la loi relative à la transition énergétique, elle impose que 10 % des places de parking soient pré-équipées pour recharger les véhicules électriques. À terme, de grands centres commerciaux devront peut-être installer de véritables centrales électriques sur leur parking ! Avec toutes ces évolutions, il est à craindre (doux euphémisme) qu’il ne suffira pas d’éteindre la lumière le soir pour faire chuter la facture. Et c’est là qu’on aborde un drôle de paradoxe car ce même État qui veut imposer des bornes de recharge électriques souhaite en même temps que les distributeurs réduisent leur consommation ! La loi du 17 août 2015 impose en effet une baisse de 60 % en 2050. Pire, Ségolène Royal, la veille de son départ du gouvernement, avait publié un décret qui imposait une baisse de 25 % en 2020. Périfem, le Cdcf et l’Umih l’ont attaqué au Conseil d’État et, fort heureusement, il a été suspendu.

Reste que pour aboutir au résultat demandé, les distributeurs vont devoir produire de l’énergie. En France, Ikea a déjà acheté trois champs éoliens. Intermarché compte plusieurs magasins qui, grâce à des panneaux photovoltaïques et un bon ensoleillement, couvrent 20 à 40 % de leurs besoins électriques. Au Castorama d’Antibes, les panneaux photovoltaïques installés en toiture alimentent directement le magasin, sans injection sur le réseau public. Quant aux ombrières du E. Leclerc de Pineuilh, en Gironde, elles produisent 580 MWh par an. Sans oublier la station-service du Carrefourde Villiers-en-Bière, totalement autonome en énergie. Mais de tels investissements s’amortissent en plus de dix ans ! D’où la demande de Périfem de conserver ce fameux « suramortissement ­Macron » à hauteur de 40 % pour orienter les magasins vers l’énergie renouvelable et une ­société sans carbone. Alors que les commerçants sont sommés par le législateur d’investir dans ces technologies vertes (accentuant encore une fois la distorsion de concurrence avec l’e-commerce), il paraît nécessaire de soutenir financièrement ceux qui s’y engagent vite et bien. Car les magasins se doivent non de consommer moins (ce qui n’empêche pas de chasser le gaspi), mais surtout de produire plus pour atteindre le graal de l’autoconsommation. 

ypuget@lsa.fr @pugetyves

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